Histoire

L'île de Bioko, anciennement Fernando Pó, fut découverte par le portugais Fernando Pó en 1472. Il lui donna le nom de Formosa, qui fut ensuite rebaptisée par le nom de l'explorateur. Les droits de l'Espagne prennent leur origine trois siècles plus tard, en vertu du traité d'El Pardo, en 1778, confirmation de l'accord préliminaire de San Ildefonso de l'année antérieure. Ces titres concédèrent à l'Espagne la propriété des îles de Fernando Pó et Annobón, et le droit de commercer librement sur le littoral côtier, depuis le cap Formosa, l’embouchure du Niger, jusqu'au cap López au sud du fleuve Gabon.

En 1827, les anglais s'établirent à Fernando Pó et proposèrent le rachat de l'île, offre refusée par le Gouvernement espagnol, qui envoya l'expédition Llerena, qui en 1843 hissa le pavillon espagnol à Sainte-Isabelle, l'actuelle Malabo. Plus tard, en 1900, à la suite d'un différend sur les droits qui incombaient à l'Espagne, soldé en sa défaveur, elle perdit son empire d'outremer et les milliards de kilomètres invoqués par le traité de Paris. L'État espagnol ne put garder que 26 000 km2 des 200 000 km2 de Guinée Équatoriale qui lui correspondaient auparavant et les 2 000 km2 des îles.

Jusqu'en 1956, les îles de Fernando Pó et Annobón faisaient partie du Territoire de Guinée. Le 21 août 1956, ces territoires furent organisés en provinces, sous le nom de Provinces du Golfe de Guinée. Selon la Loi du 30 juillet 1959, elles adoptèrent officiellement la dénomination de Région Équatoriale Espagnole et s'organisèrent en deux provinces : Fernando Pó et Mbini. Le 15 décembre 1963, le gouvernement espagnol soumit à référendum la population de ces deux provinces sur un projet d'autonomie, qui fut approuvé par une écrasante majorité. En conséquence, ces territoires furent rendus autonomes, en adoptant officiellement le nom de Guinée Équatoriale, avec des organes communs à tout le territoire (Assemblée Général, Conseil de Gouvernement et Commissaire Général), et des organismes propres à chaque province. En novembre 1965, la IVème Commission de l'Assemblée de l'ONU approuva un projet de résolution dans lequel il fut demandé à l'Espagne de concrétiser le plus tôt possible une date pour l'indépendance de la Guinée Équatoriale. En décembre 1966, lors du conseil des ministres, le gouvernement espagnol se mit d'accord pour la préparation de la Conférence Constitutionnelle. Cette Conférence s'inaugura en octobre 1967, présidée par Fernando María Castiella, ministre espagnol des Affaires Étrangères ; la délégation guinéenne se composant notamment de Federico Ngomo. À la fin de la seconde phase de la Conférence Constitutionnelle (17 avril - 22 juin 1968), les conclusions furent soumises à référendum et adoptées par 63,1% des votants. Les premières élections se célébrèrent le 22 septembre, et aucun des quatre candidats n'obtint la majorité absolue. Une semaine plus tard, Francisco Macias Nguema fut le premier président de Guinée Équatoriale à être élu, Bonifacio Ondu Edu arrivant en deuxième place. L'indépendance fut proclamée le 12 octobre 1968, et le nom adopté fut République de Guinée Équatoriale. Elle fut admise par l'ONU comme membre nº126 de l'Organisation. En raison de l'insécurité croissante, l'état d'exception fut déclaré le 27 février 1969, pendant quinze jours.

Au cours de la nuit du 4 au 5 mars 1969, des groupes armés tentèrent d'assaillir la résidence du président Macias, apparemment envoyés par Bonifacio Ondo et d'autres, qui furent ensuite blessés et faits prisonniers. Peu de temps après, Bonifacio Ondo fut déclaré mort dans la prison de Bata. Le mal-être général accéléra la fuite de la population blanche.

En juillet 1972, Francisco Macias Nguema se déclara président à vie.

En septembre, les troupes du Gabon s'infiltrèrent sur le territoire de Guinée Équatoriale, provoquant ainsi le conflit entre les deux pays. Un accord fut tenté à plusieurs occasions, mais les infractions continues de la part du Gabon rendirent difficiles les bonnes relations entre les deux pays. Le 13 novembre, au cours d'une réunion célébrée en République Populaire du Congo à laquelle assistèrent les présidents guinéen, gabonais, zaïrois et congolais, en liaison avec le Secrétaire Général de l'OUA, un accord formel fut établi entre les deux pays.

La nouvelle Constitution fut adoptée en juillet 1973, à la suite d'un référendum populaire le 19 du même mois. Selon cette Constitution, la peseta guinéenne fut rebaptisée Ekwele, et entra en vigueur le 29 septembre 1975.

Un nouvel accord de coopération technique entre l'Espagne et la Guinée Équatoriale débuta en mars 1975, mais fut suspendu en mars 1977, à la suite d'un discours du président Macias contre la Couronne espagnole.